« Mon projet de diplôme s’inscrit dans la continuité de mon mémoire, journal de ma réflexion consacrée aux liens entre production alimentaire et design. À travers plusieurs collaborations avec des producteurs rencontrés lors de mes recherches, je cherche à comprendre comment le design culinaire peut soutenir des agricultures attentives au vivant et contribuer à rendre visibles les valeurs qu’elles portent.
Plutôt que d’apporter des réponses théoriques ou des objets standardisés, ma démarche à été de m’immerger dans le quotidien de ces personnes, observant leurs gestes, leurs contraintes, leurs ressources et leurs savoir-faire afin de développer avec eux des projets spécifiques à leurs réalités de terrains. Le design devient alors un outil de traduction et de mise en relation entre le produit, son producteur et le consommateur.
Avec Matthieu Schutzger, distillateur, j’imagine « La Part des Anges », un rituel de dégustation qui redonne place aux eaux-de-vie SpiRal à la table des restaurants. Avec Maxime Lucas, sommelier et vigneron, je rends perceptible la complexité d’un terroir, de ses choix et des relations qui composent son vin. Enfin, avec Éric et Caroline, maraîchers en bio depuis plus de vingt ans, je cherche à valoriser leur travail autour du légume, porteur de saisons, de goûts et d’histoires à travers un scénario d’usage d’une offre de restauration pédagogique.
Le designer ne doit pas inventer une nouvelle manière de cultiver, les paysans le font très bien. Mon rôle est, à travers ces projets, d’explorer la capacité du designer culinaire à révéler des savoir-faire, créer des expériences sensibles et participer à une nouvelle culture du vivant en créant des outils de médiation qui rendent ces pratiques compréhensibles et surtout désirables pour le grand public. »
