« Parce que je regardais toujours devant, et ça m’a fait du bien de regarder derrière. » Cette réplique résume assez justement ce que certains moments de tri ont provoqué en moi, la nécessité de me tourner vers ce qui restait, vers les objets, les traces et les souvenirs, pour comprendre la place qu’ils prenaient dans mon histoire familiale. C’est à partir de là que j’en suis venue à me questionner sur l’héritage des objets au sein de ma famille, comme une forme de course contre l’oubli.
Reliques est un projet traversé par cette urgence, celle de retenir quelque chose avant qu’il ne disparaisse, de garder une trace de ce qui reste lorsque les lieux se vident, lorsque les personnes ne sont plus là, ou lorsque les souvenirs deviennent plus fragiles. Les objets deviennent alors une manière de sauver quelque chose du temps, mais aussi de tisser des récits, des présences et des liens au sein d’une famille, comme une forme d’archives.
Cette volonté se traduit par une installation de grandes affiches suspendues, semblant flotter au-dessus d’un fragment de l’arbre généalogique de ma famille. Elles réunissent des photographies d’objets et les récits associés, choisis par les membres de ma famille. Les récits s’y ramifient comme des fragments reliés les uns aux autres, dessinant une mémoire en construction.



