
Le design au service des usages
Dans le cadre du projet de réinvention des usages du Familistère de Guise, un Atelier de Recherche et Création regroupant des étudiant·es de 3e et 4e année de l’ÉSAD de Reims s’est mobilisé, encadré par les designers et enseignants Pierre-Yves Le Sonn et Raoul Sbaiz.
Les étudiant·es ont été invités à explorer la manière dont le design peut accompagner les usages actuels et anticiper les pratiques futures du site, à travers une diversité d’approches : design d’espaces, d’objets, de services, design graphique et autres formes d’expérimentation.
Lancé en septembre 2025 à l’invitation du Familistère de Guise, ce projet collectif a offert aux étudiant·es l’opportunité de développer des propositions originales, dont vous découvrirez les aboutissements au sein de l’exposition « Réhabiter le Familistère », du 24 mars au 14 juin.
Étudiant·es exposants : Matteo Almaz / H. Balas / Eliott Bancharel / Théo Boidron / Pauline Brami / Aimée Bruère / Emmanuelle Celnikier / Camille Chasseray / Sirine Djermani / Alexandre Féral / Angéline Odobert / Won J. Oh / Aerin Ollivier / Lucas Poncin / Jacques Seminel / Inès Thirriard
Le Familistère de Guise et Jean-Baptiste André Godin
Jean-Baptiste André Godin est né en 1817 dans une famille modeste d’Esquéhéries (Aisne). C’est à l’âge de 18 ans, alors qu’il parcourt la France pour perfectionner son métier de serrurier, qu’il s’engage dans la quête d’un idéal pratique de justice sociale.
Une vingtaine d’années plus tard, Godin est devenu un remarquable capitaine d’industrie, à la tête d’importantes fonderies et manufactures d’appareils de chauffage et de cuisson. De 1859 à 1884, Godin bâtit à proximité de son usine de Guise une cité de 2 000 habitant·es, un complexe d’habitation collective inspiré du phalanstère de Charles Fourier : le Familistère de Guise.
Le Palais social offrait « les équivalents de la richesse » à ses habitants, c’est-à-dire qu’il mettait à la disposition de la communauté les avantages matériels et intellectuels habituellement réservés aux individus fortunés : l’hygiène, la santé, le confort, l’éducation, la culture dans le but d’une émancipation sociale et politique pacifique. L’habitation collective fonctionnait comme un « condensateur social » ; elle devait favoriser la solidarité entre les habitants. Le Familistère est la réalisation d’un projet d’émancipation collective bien différent de celui des cités ouvrières patronales qui lui sont contemporaines. Godin fonda en 1880 l’Association coopérative du capital et du travail : les travailleurs acquirent le rang d’associé et purent élire parmi eux et elles, le ou la gérant·e du Familistère ; le Palais et ses usines devinrent leur propriété collective.
Ce modèle perdura jusqu’en 1968 et la dissolution de l’association du capital et du travail.
Familistère de Guise, place du Familistère – Guise
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