« À travers l’étude des sentiers de randonnée, ce projet interroge notre manière de regarder le paysage, il interroge la place accordée aux végétaux ordinaires, souvent relégués à l’arrière-plan. Un travail de terrain mené dans le Parc naturel régional de la Forêt d’Orient a progressivement déplacé le regard vers les marges végétales, en particulier vers deux plantes communes : le Lierre et la Ronce.
Longtemps considérées comme envahissantes ou indésirables, elles révèlent pourtant des stratégies remarquables de cohabitation, de
protection et de transformation des milieux. Leur observation a donné lieu à une collecte, à des expérimentations de teinture végétale et à un travail de dessin et de tissage, faisant émerger un langage de formes, de textures et de couleurs inspiré du territoire.
Ces recherches aboutissent à une série de bancs et d’éléments muraux où le végétal devient principe de conception. Les structures en bois sont pensées comme des supports ouverts que le Lierre semble investir, habiller et relier, tandis que la Ronce s’exprime par le motif et par ses épines, révélées comme éléments graphiques plutôt que comme obstacles. Les fils, teints à partir des plantes du territoire, tissent des liens entre ces différentes présences végétales.
L’installation invite ainsi à habiter un espace où architecture, objet et végétal coexistent. Plus qu’une représentation du paysage, elle propose une expérience sensible des marges végétales et encourage à porter un nouveau regard sur ces plantes discrètes qui façonnent pourtant nos territoires. »



