
Les étudiant·es de l’École Supérieure d’Art et de Design de Reims apportent leurs briques à l’édifice
Du 24 mars au 14 juin 2026, l’exposition « Réhabiter le Familistère » présente les travaux de l’Atelier de Recherche et de Création « Hospitalité au Familistère de Guise » de l’ÉSAD de Reims. Cet atelier réunit des étudiant·es de 3e et 4e année des options Art, Design objet & espace et Design graphique & numérique, sous l’encadrement des designers, concepteurs et enseignants Pierre-Yves Le Sonn et Raoul Sbaïz.
Cette exposition constitue l’aboutissement d’un travail pédagogique mené autour d’une réflexion sur les futures fonctions des espaces du Familistère de Guise. Elle met en lumière la manière dont le design peut à la fois accompagner les usages actuels et anticiper les pratiques à venir sur le site, à travers une pluralité d’approches : design d’espace, design d’objet, design de service, design graphique et autres formes d’expérimentation.
Lancé en septembre 2025, à l’invitation de l’Association de Préfiguration du Familistère Campus, et nourri par une immersion au sein du site, ce projet collectif a permis aux étudiant·es de développer des productions originales, présentées dans le cadre de cette exposition temporaire.
Le rapport à l’espace en constitue le fil conducteur : de la compréhension de l’architecture d’un lieu à la réflexion conceptuelle, les propositions des étudiant·es dialoguent avec l’architecture sociale du bâtiment ainsi qu’avec le projet porté par l’association, qui vise à développer, dans l’aile gauche, un campus pluriel dédié à des activités hospitalières et inclusives, allant de l’hébergement touristique à la création d’une pépinière d’entreprises.
Le Familistère Campus porte l’ambition de prolonger l’héritage du Familistère en inventant une nouvelle forme de projet collectif, ancré dans les enjeux contemporains. Il vise à faire du site un levier de développement territorial, à la croisée des dimensions culturelles, touristiques et inclusives. Pensé comme un écosystème coopératif, il réunit acteurs publics, économiques et sociaux autour de nouvelles formes d’activités et d’innovation. Le projet entend également renforcer l’attractivité du territoire en développant des offres d’hospitalité, de formation et d’entrepreneuriat. Enfin, il s’inscrit dans une logique d’expérimentation sociale et économique durable, fidèle à l’ADN coopératif du Familistère.
Étudiant·es exposants : Matteo Almaz / H. Balas / Eliott Bancharel / Théo Boidron / Pauline Brami / Aimée Bruère / Emmanuelle Celnikier / Camille Chasseray / Sirine Djermani / Alexandre Féral / Angéline Odobert / Won J. Oh / Aerin Ollivier / Lucas Poncin / Jacques Seminel / Inès Thirriard
Le Familistère de Guise et Jean-Baptiste André Godin
Jean-Baptiste André Godin est né en 1817 dans une famille modeste d’Esquéhéries (Aisne). C’est à l’âge de 18 ans, alors qu’il parcourt la France pour perfectionner son métier de serrurier, qu’il s’engage dans la quête d’un idéal pratique de justice sociale.
Une vingtaine d’années plus tard, Godin est devenu un remarquable capitaine d’industrie, à la tête d’importantes fonderies et manufactures d’appareils de chauffage et de cuisson. De 1859 à 1884, Godin bâtit à proximité de son usine de Guise une cité de 2 000 habitant·es, un complexe d’habitation collective inspiré du phalanstère de Charles Fourier : le Familistère de Guise.
Le Palais social offrait « les équivalents de la richesse » à ses habitants, c’est-à-dire qu’il mettait à la disposition de la communauté les avantages matériels et intellectuels habituellement réservés aux individus fortunés : l’hygiène, la santé, le confort, l’éducation, la culture dans le but d’une émancipation sociale et politique pacifique. L’habitation collective fonctionnait comme un « condensateur social » ; elle devait favoriser la solidarité entre les habitants. Le Familistère est la réalisation d’un projet d’émancipation collective bien différent de celui des cités ouvrières patronales qui lui sont contemporaines. Godin fonda en 1880 l’Association coopérative du capital et du travail : les travailleurs acquirent le rang d’associé et purent élire parmi eux et elles, le ou la gérant·e du Familistère ; le Palais et ses usines devinrent leur propriété collective.
Ce modèle perdura jusqu’en 1968 et la dissolution de l’association du capital et du travail.
Familistère de Guise, place du Familistère – Guise
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